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Le taux du Livret A baisse … pas de stress ! 💆

  • Photo du rédacteur: CindyAmoroso
    CindyAmoroso
  • 22 janv.
  • 4 min de lecture

Pourquoi le taux de rémunération ne devrait jamais être le seul critère de décision — et en quoi le véritable enjeu reste la protection du pouvoir d’achat.


Finance lumineuse – Une approche apaisée et évolutive de la sécurité financière

À partir du 1ᵉʳ février 2026, le taux de rémunération du Livret A passera de 1,7 % à 1,5 %. Cette baisse touchera également les autres livrets réglementés comme le LDDS ou le LEP, et s’inscrit dans le cadre des révisions semestrielles prévues par la réglementation.


Dès 2025, les chiffres publiés par la Caisse des Dépôts et largement relayés par la presse économique ont montré une évolution notable : sur plusieurs mois, les retraits ont dépassé les versements sur le Livret A et le LDDS, avec notamment une décollecte nette de plus de 5 milliards d’euros en octobre 2025.


Ce phénomène n’est ni brutal ni isolé. Il s’inscrit dans un contexte où les ménages continuent d’épargner, mais ajustent la répartition de leurs placements. Les encours de l’assurance-vie, en particulier, ont poursuivi leur progression sur la même période, suggérant que les fonds retirés des livrets n’ont pas disparu, mais ont été en partie redirigés vers d’autres supports ou utilisés pour financer des dépenses.


Il s’agit donc moins d’un signal d’alerte que d’un indicateur de normalisation : lorsque les taux des livrets cessent de suivre l’inflation de manière exceptionnelle, les comportements d’épargne redeviennent plus diversifiés.


Vous vous posez des questions ? Avant toute décision, il est utile de reposer calmement le cadre.


Le vrai sujet n’est pas la baisse du Livret A, mais le pouvoir d’achat


En matière de sécurité financière, le critère pertinent n’a jamais été le taux nominal pris isolément. Le véritable enjeu est ailleurs : la préservation du pouvoir d’achat dans le temps.


Autrement dit, ce qui compte n’est pas :

  • combien rapporte un support en apparence, mais :

  • ce qu’il permet réellement de conserver une fois l’inflation prise en compte.


Le taux n’est donc qu’un indicateur intermédiaire.

L’inflation, elle, est la référence structurante.


Les dernières années : une situation exceptionnelle, pas une norme durable


La forte revalorisation des livrets réglementés observée ces dernières années s’inscrit dans un contexte très spécifique :

  • inflation élevée et rapide,

  • intervention directe de l’État,

  • volonté politique de limiter la perte de pouvoir d’achat des ménages.


Cette capacité d’ajustement rapide est propre aux mécanismes publics. Elle ne constitue ni une norme historique, ni un modèle permanent de fonctionnement de l’épargne de précaution.


Parler d’exception n’est pas un jugement de valeur :

c’est un constat économique.


Historiquement, le fonds euros comme socle… pour les épargnants accompagnés


Sur le temps long, le fonds euros a constitué la norme de l’épargne de précaution pour les épargnants avertis ou accompagnés.


Pourquoi ?

  • capital garanti,

  • logique de rendement lissé,

  • protection progressive contre l’érosion monétaire,

  • intégration dans une vision patrimoniale globale.


Cette approche suppose :

  • une compréhension des horizons de temps,

  • une acceptation d’une liquidité non instantanée, mais rapide,

  • et surtout un accompagnement.


Elle n’a jamais été universelle — et ne prétend pas l’être.


Pourquoi les assureurs ne peuvent pas réagir comme l’État


Contrairement aux livrets réglementés, les assureurs :

  • raisonnent en gestion actif-passif,

  • doivent préserver l’équilibre à long terme,

  • consolider leurs réserves avant d’ajuster les rendements.


Ils ne peuvent — et ne doivent — pas :

  • suivre une inflation soudaine par des hausses brutales,

  • au risque de fragiliser la solidité future du support.


Ce décalage temporel n’est pas une faiblesse.

C’est précisément ce qui garantit la résilience du fonds euros dans la durée.


Par souci de clarté, j’appelle ici “matelas de sécurité” l’épargne immédiatement mobilisable, et “épargne de précaution” la réserve destinée à absorber les aléas sans être utilisée dans l’urgence.


Le rôle clair et non négociable du matelas de sécurité


Il est important d’être très clair sur ce point :👉 le matelas de sécurité, celui qui doit être mobilisable immédiatement, reste positionné sur les livrets réglementés.


Ils remplissent une fonction essentielle :

  • disponibilité immédiate,

  • absence de risque,

  • simplicité d’usage.


La baisse du taux ne remet pas en cause cette fonction. Elle rappelle simplement que le livret est un outil de protection de court terme, pas un instrument de lutte structurelle contre l’inflation.


Bien évidemment, si on a accès au Livret d'Epargne Populaire, on le préférera au Livret A.


Ce que signifie réellement la baisse du taux aujourd’hui


La baisse du taux du Livret A ne signifie pas que la sécurité financière est fragilisée. Elle traduit :

  • une normalisation progressive de l’inflation,

  • la fin d’un mécanisme exceptionnel de soutien,

  • le retour à des équilibres plus structurels.


Dans ce contexte, la question pertinente n’est pas :

« Quel support choisir maintenant ? »

Mais plutôt :

« Ma stratégie distingue-t-elle clairement sécurité immédiate, stabilité à moyen terme et investissement ? »

La véritable source de sérénité : le suivi, pas l’arbitrage ponctuel


Ce qui sécurise réellement un épargnant, ce n’est pas d’anticiper parfaitement chaque mouvement de taux.


C’est de savoir que sa stratégie :

  • est pensée en fonction des fonctions patrimoniales,

  • tient compte de l’inflation et du temps long,

  • est réévaluée régulièrement.


Que ce soit lors d’un rendez-vous de découverte ou d’un suivi annuel, la sécurité financière repose sur une continuité de raisonnement, pas sur une réaction à l’actualité.


Ces dernières années, dans ce contexte inflationniste très particulier, mes recommandations ont naturellement évolué.


Lorsque c’était pertinent, j’ai conseillé à mes clients d’ouvrir un Livret d’Épargne Populaire, et de conserver leur matelas de sécurité sur les livrets réglementés.


Lorsque l’épargne de précaution était déjà positionnée sur un fonds euros, elle n’a pas été déplacée sans raison : parce qu’une stratégie cohérente n’a pas vocation à être bouleversée au gré de l’actualité.


Aujourd’hui, le contexte a changé — et les recommandations s’ajustent à nouveau, sans rupture :

  • ouverture du LEP lorsqu’il est accessible,

  • positionnement du matelas de sécurité sur les livrets réglementés,

  • épargne de précaution placée sur les fonds euros

    .

Conclusion : la fonction reste, même quand le taux change

Le taux du Livret A baisse. Cela ne remet pas en cause la sécurité financière, à condition que celle-ci soit correctement structurée.


La sécurité n’est pas un support.

Ce n’est pas un taux.

C’est une fonction de protection, pensée pour résister aux cycles économiques.


Et une fonction bien conçue ne disparaît pas avec une variation de chiffre.


La sécurité financière ne se pilote pas à l’émotion. Elle se construit avec méthode, inflation en ligne de mire, et dans une logique de temps long.

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