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🍀 Épargne enfant : l'erreur que j'ai faite avant de devenir conseillère en gestion de patrimoine

  • Photo du rédacteur: CindyAmoroso
    CindyAmoroso
  • 13 août
  • 6 min de lecture
16 ans. Pas 18. L'âge auquel votre enfant reprend la main sur son épargne — photo de parapente en tandem au-dessus des montagnes, logo cœur dessiné à la main

Il est 15h30. Je suis en vacances, allongée sur un transat que je n'ai même pas fini de payer mentalement (private joke de maman solo, vous verrez plus bas). Mon téléphone sonne. C'est ma conseillère bancaire. Je me dis que c'est en lien avec le remboursement anticipé partiel que j'ai demandé.


Je précise : c'est la première fois qu'elle m'appelle sans que je l'aie sollicitée. Première fois en combien d'années déjà ? Je ne compte plus.


Elle m'annonce, tout sourire dans la voix, qu'elle a une "super offre" à me proposer : un compte courant pour Isalyne, ma fille, qui vient de fêter ses 10 ans. Je la remercie. Je raccroche. Je repense, pour la millième fois, au jour où j'ai ouvert mon premier livret d'épargne enfant. Celui qui a marqué le début de tout.


La bourde de la jeune maman (2016, livret TIWI, Crédit Agricole)


J'étais clerc de notaire. Je venais (quasi) d'accoucher. On m'a présenté un joli livret aux couleurs pastel, un TIWI, réservé aux 0-11 ans. J'ai signé, fière, persuadée de faire ce qu'il fallait en jeune Maman responsable et prête à assurer pour l'avenir de ma progéniture.


Ce que je ne savais pas (et que personne ne m'a expliqué 😅 ce jour-là) : les livrets "bébé" bancaires (Tiwi, Zébulon, Scoopy, P'tit Mousse, peu importe le nom mignon collé dessus) sont des produits commerciaux, pas des produits réglementés. Le taux est fixé par la banque, pas par l'État. Et les intérêts sont soumis à l'impôt, contrairement au Livret A qui, lui, est totalement défiscalisé.


Traduit simplement : j'épargnais pour ma fille sur un support qui rapportait moins qu'un Livret A classique, tout en étant fiscalisé. Le pire des deux mondes.


Fin 2019, je découvre la gestion de patrimoine. Ce qui commence comme une reconversion devient vite une passion, presque une mission : rendre la gestion de patrimoine accessible à toutes les familles, pas uniquement à celles qui ont "déjà de l'argent". C'est ma réponse à moi, très personnelle, à une soif de justice sociale qui ne m'a jamais quittée depuis mon adolescence rebelle jusqu'au notariat.


J'ai basculé son épargne sur le Livret A (merci la Mairie d'Aoste, au passage 🙏🏻)


J'ai transféré les économies d'Isalyne sur un Livret A, ouvert à la Caisse d'Épargne. Petit clin d'œil pour la route : notre commune offrait alors 30 € à l'ouverture d'un Livret A pour chaque naissance. Merci à la Mairie d'Aoste pour ce geste, c'est exactement le genre de coup de pouce qui installe une habitude d'épargner plutôt que de dépenser.


Sauf qu'en creusant le fonctionnement du Livret A enfant, j'ai fait une découverte qui a tout changé dans ma tête de mère. Je n'allais pas garder la main dessus aussi longtemps que je le croyais.

Retenez ce chiffre. Pas 18 ans. SEIZE ans.
  • Avant 12 ans : seuls les parents peuvent faire des opérations sur le livret.

  • Entre 12 et 16 ans : l'enfant peut déposer seul, mais les retraits demandent encore l'accord parental.

  • Dès 16 ans : il ou elle peut retirer l'argent SANS autorisation parentale, sauf opposition formelle notifiée à la banque.

  • À 18 ans : autonomie totale, sans condition.


Seize ans. L'âge où, légalement, votre enfant peut aller vider un livret que vous avez peut-être rempli pendant seize ans. Un âge où on n'a pas toujours toute la maturité pour gérer une somme conséquente, entre crise d'ado, mauvaise influence d'un groupe d'amis ou envie irrépressible de la dernière voiturette sans permis qui fait "trop stylée" sur les réseaux.


Pourquoi j'ai ouvert une assurance-vie enfant à MON nom (et une seconde au sien)


C'est là que j'ai pris une décision qui, je le sais, en surprend certains : depuis 2020, j'épargne sur une assurance-vie ouverte à mon propre nom, avec Isalyne comme bénéficiaire, pour financer les grosses étapes à venir. Permis de conduire. Études supérieures. Première voiture. Premier appartement. Peut-être, un jour, la création de son entreprise.


On ne parle pas de 500 €. On parle d'un objectif d'environ 30 000 €, soit la moyenne (arrondie) du coût d'études supérieures en France.


Pourquoi cette enveloppe plutôt qu'un simple livret ou un compte à son nom ? Parce que je veux garder la main financière jusqu'au moment où JE jugerai que le projet est le bon. Le vrai permis. Les vraies études. Le vrai appartement. Pas jusqu'au jour où elle aura 16 ans et une envie du moment.


Je vais être honnête avec vous : l'idée qu'elle finisse avec une voiture de kéké achetée sur un coup de tête, ou en train d'inviter tous ses copains à Ibiza (qui, j'en suis convaincue, ne sera même plus LE spot branché d'ici là, oui je deviens du genre à dire ça, la presque boomer assumée 😅), me rend littéralement livide. Ce n'est pas de la méfiance envers ma fille. C'est de la protection envers le fruit de mon travail. Envers son avenir à elle, celui que je veux solide.


En parallèle, j'ai ouvert une seconde assurance-vie, cette fois au nom d'Isalyne. J'y place une partie de ce qu'elle reçoit à ses anniversaires et à Noël. L'objectif est différent : lui apprendre, très concrètement, à gérer une somme qui lui appartient réellement, tout en construisant, année après année, une antériorité fiscale précieuse (un contrat d'assurance-vie ayant plus de 8 ans au moment d'un retrait a une fiscalité sur les gains plus douce). En l'ouvrant tôt, elle aura à sa majorité une ancienneté que beaucoup de jeunes adultes n'ont même pas encore commencé à construire.


Deux enveloppes. Deux philosophies. Un seul objectif : lui laisser de quoi faire ses propres choix, sans risquer de perdre le plus gros à un âge où on n'a pas encore toutes les billes pour bien décider.


Épargne enfant : non au PEL, non au CEL


Je sais, beaucoup de parents pensent naturellement au Plan ou au Compte Épargne Logement pour préparer un futur achat immobilier. Ce n'est pas mon choix pour Isalyne. J'y consacrerai un article entier, le sujet mérite mieux que trois lignes ici.


Livret Jeune à 12 ans : oui. Livret enfant bancaire avant : non.


Pour répondre directement à ma conseillère (et à toutes celles qui se posent la question) : oui au Livret Jeune, dès qu'Isalyne aura 12 ans, âge minimum légal pour l'ouvrir. C'est un produit réglementé, défiscalisé comme le Livret A, avec souvent un taux un peu plus intéressant, plafonné à 1 600 €. Non aux "livrets enfant" bancaires commerciaux avant cet âge. Mon histoire avec le TIWI m'a largement suffi.


Quant au compte courant : à 10 ans, ça me semble prématuré. Elle n'a pas d'argent de poche pour le moment donc pas de budget à apprendre à gérer. On verra si un vrai besoin se fait sentir à l'entrée au collège. Le cas échéant, je choisirai une offre sans frais, sans carte à découvert possible, pensée pour accompagner l'autonomie plutôt que la précipiter.


Ce que je fais pour ma fille, je le fais pour vous


Ce travail de remise en question, comprendre ce que je fais vraiment et pourquoi, je le mène systématiquement avec mes prospects et mes clients. Pas pour leur imposer mes choix : chaque famille a ses valeurs, ses priorités, sa vision de l'éducation financière.


Nous sommes tous différents et c'est très bien ainsi.

Ce qui compte pour moi, c'est que la décision soit prise avec les bonnes informations. Je respecte sincèrement le travail des banquiers, ils ont des solutions à vendre, j'en ai aussi. Ce qui m'agace parfois, ce n'est pas la vente en tant que telle. C'est le manque de transparence qui l'accompagne trop souvent.


Si vous êtes une maman solo qui gère seule, son patrimoine et le patrimoine et l'avenir de son ou ses enfant.s, sans deuxième salaire pour rattraper une erreur de parcours, ou maîtrise de la préparation de l'autre parent (s'il existe), je vous comprends mieux que quiconque. Je le vis aussi. 🔐


Pour aller plus loin sur les différents livrets pour mineurs, ce comparatif donne une bonne vue d'ensemble des options bancaires classiques.


Votre bien dévouée, Cindy 🍀


Ces informations relèvent de mon expérience personnelle de mère et ont une vocation pédagogique. Elles ne constituent pas un conseil en investissement personnalisé au sens de la réglementation applicable aux Conseillers en Investissements Financiers. Chaque situation étant unique, je vous invite à me solliciter pour une étude adaptée. Je suis Conseillère en Investissements Financiers et Immobiliers, membre de la CNCEF, exerçant sous le contrôle de l'AMF et de l'ACPR au sein d'INOVEA.

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